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Historique des travaux français sur RDA

De 2010 à 2014, plusieurs groupes de travail se sont penchés sur le bien-fondé et les éventuelles modalités d’une application par la France du nouveau code de catalogage international RDA (Ressources : Description et Accès). En novembre 2014, ces travaux ont abouti à une prise de position nationale par rapport à RDA et au lancement du le programme de la Transition bibliographique.

Pourquoi s’interroger sur l’adoption de RDA en France ?

Les perspectives offertes par RDA pour l’avenir des catalogues de bibliothèques sont très prometteuses. De ce fait, les bibliothèques du monde entier s’intéressent à RDA et ce bien au-delà de la communauté déjà large des bibliothèques utilisant les AACR2. L’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions/Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) suit également avec attention ce nouveau code de catalogage et pourrait le recommander comme « code international de catalogage ».

En France aussi, la question s’est posée : les normes AFNOR de catalogage, vieillissantes et rendues obsolètes par l’ISBD intégré, valent-elles encore la peine de les mettre à jour, ou ne faut-il pas les abandonner et se diriger vers RDA afin de profiter des opportunités offertes par ce nouveau code en termes d’insertion des catalogues dans le web sémantique ?

Les groupes de travail

Historiquement, la réflexion nationale autour de RDA s’est élaborée au sein de la commission générale CG46 « Information et documentation » de l’AFNOR. En 2010, un groupe technique d’experts a été chargé d’évaluer le bien-fondé et la faisabilité d’une application française de RDA, en tenant compte de la diversité des types de ressources, des notices d’autorité et des catégories d’établissements.

Sur la base des travaux de ce groupe technique, un groupe stratégique devait décider de l’adoption ou non de RDA par la France. Il réunissait des représentants de l’AFNOR, des ministères de tutelle, des agences bibliographiques, des associations professionnelles et des organismes de formation, ainsi qu’un consultant.

Enfin, un Comité stratégique bibliographique associant le Ministère de la Culture, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, la BnF et l’ABES a été créé en 2013 pour prendre les décisions stratégiques sur le nouveau modèle d’organisation et de diffusion de l’information bibliographique en France à un horizon de dix ans, dans un contexte où les technologies du web sémantique ouvrent des perspectives inédites.

Présentation du groupe de travail technique

Le groupe de travail a été constitué à partir du groupe d’experts AFNOR CG46/CN357/GE6 « Évolution de la description bibliographique des documents édités » de la Commission générale CG46 « Information et documentation » de l’AFNOR. Il comprenait des représentants de tous les types de bibliothèques, publiques ou universitaires, spécialisées ou non, ainsi que de leurs ministères de tutelle, des représentants des organismes de formation et des clubs d’utilisateurs de logiciels.

Le groupe de travail technique a commencé ses travaux au mois de septembre 2010 autour des axes suivants :

  • l’analyse fine des règles et des différentes options d’implémentation ainsi que la définition d’un éventuel « profil français » de RDA
  • la participation à la traduction française de RDA pour laquelle la collaboration du Québec et de la Belgique a également été sollicitée
  • l’analyse des impacts de RDA sur les SIGB, la cohérence des catalogues et la migration des notices actuelles, les coûts, ainsi que sur les échanges de notices
  • la communication et la formation à travers la mise en place de formations pour présenter les modèles FRBR et FRAD et expliquer ce qui va changer au niveau du catalogage
  • les recommandations pour un calendrier de mise en œuvre de RDA en France

Résultats des travaux du groupe technique

Traduction de RDA en français

Effectuée en collaboration par le Canada (Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque et Archives nationales du Québec) et la France (Bibliothèque nationale de France) sous le pilotage de l’ASTED (Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation), la traduction de RDA en français est disponible dans RDA Toolkit depuis 2013 (sur abonnement). Elle est régulièrement mise à jour par la BAnQ.

Une voix entendue à l’international

La France a suivi attentivement l’élaboration du nouveau code à travers les enquêtes auxquelles le JSC (Joint Steering Committee for Development of RDA) a également associé les communautés qui n’utilisaient pas les AACR. En effet, si RDA était appelé à devenir le code international de catalogage recommandé par l’IFLA, il semblait plus efficace de faire connaître au JSC l’analyse catalographique française dès l’élaboration du code, afin de faire évoluer les règles sur certains points sensibles et donc d’être en mesure de les appliquer un jour.

En novembre 2015, dans le cadre d’une révision de la gouvernance de RDA, le JSC change de nom pour s’appeler RSC (RDA Steering Committee / Comité de pilotage de RDA).

Aujourd’hui, c’est à travers le groupe d’intérêt européen EURIG (European RDA Interest Group) que la France a choisi de porter ses propositions d’évolution du code, afin d’avancer une position européenne commune auprès du RSC. L’expertise française en matière d’information bibliographique, reconnue et respectée au niveau international, est portée dans plusieurs groupes de travail du RSC.

Une prise de position nationale

L’adoption de RDA permettra :

  • de suivre l’évolution de la structure de l’information puisque qu’il propose des notices correspondant aux entités du modèle FRBR
  • de faire passer à terme les catalogues de bibliothèques vers une structure de base de données orientée objet et d’assurer ainsi leur présence sur le web sémantique
  • d’assurer l’interopérabilité avec les catalogues des bibliothèques étrangères appliquant RDA

Le passage à RDA constitue bien pour la France un objectif à plus ou moins long terme. Le Groupe stratégique a cependant décidé de ne pas adopter dès maintenant RDA en France, car les règles de RDA ne sont pas satisfaisantes au regard de l’analyse et de la pratique catalographiques françaises. En effet, un certain nombre de points de désaccord subsistent.

Il convient donc de poursuivre les travaux et l’implication de la France dans le cadre d’EURIG, afin de rendre le code réellement international, tout en ménageant une Transition bibliographique au niveau national. Pour préparer celle-ci sans attendre les évolutions majeures du code permettant son adoption par la France, il est nécessaire de réviser l’ensemble des normes françaises de catalogage, afin de permettre un catalogage FRBRisé et de ménager une transition vers RDA. Le nouveau code de catalogage RDA-FR : Transposition française de RDA devra préparer un profil français d’application de RDA, tout en conciliant respect de l’analyse française et besoin d’interopérabilité.

 

Last updated: septembre 27, 2017 at 11:42

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