La structure des données du catalogue évolue pour favoriser la recherche d’informations bibliographiques sur le web, où l’internaute s’intéresse d’abord à des personnes, des œuvres ou des lieux avant de vouloir localiser une ressource. Le modèle IFLA LRM (Modèle de référence pour les bibliothèques) est la clé de voûte de cette réforme.

Description du modèle IFLA LRM

Le modèle IFLA LRM a été publié par l’IFLA en 2017. Ce modèle conceptuel, offrant une représentation schématique de l’activité des lecteurs et des usagers de catalogue de bibliothèques, est orienté vers les besoins des utilisateurs. Il est conçu pour être facilement transposable dans les technologies du web. Il est volontairement générique pour être souple et permettre des évolutions selon une granularité plus ou moins fine de l’information bibliographique et s’adapter aux règles de catalogage de chaque institution.

Il structure les métadonnées bibliographiques en s’appuyant sur trois notions :

  • l’Entité : ensemble de « choses » (abstraites ou concrètes) défini par des caractéristiques communes et devant être distingué dans le cadre de la modélisation d’une activité déterminée. Les entités du modèle IFLA LRM correspondent aux objets fondamentaux pertinents pour les utilisateurs de notices bibliographiques : l’Œuvre, l’Expression, la Manifestation, l’Item (souvent regroupés sous le sigle OEMI) et aussi la Personne, l’Agent collectif, le Lieu, le Laps de temps, etc.
  • l’Attribut : caractéristique qui s’attache à chacune des entités et qui permet de distinguer chaque instance d’une entité d’une autre instance de cette même entité.
    Exemples d’attributs pour l’entité Personne : nom, date de naissance, sexe, profession, etc.
  • la Relation : lien entre une entité et une autre ou entre une entité et ses instances. L’instance est un exemplaire d’une entité, Marcel Proust est une instance de l’entité Personne.
    Exemple de relation : la relation de création entre une personne et son œuvre.

L’objectif est de remplacer les actuelles notices bibliographiques par un réseau de relations entre des entités.  Cette évolution renforce leur visibilité sur le web et leur exploitation par des machines. Ainsi, une voie est ouverte vers une interopérabilité et une réutilisation accrues des données des catalogues de bibliothèques.

 

Schéma du modèle IFLA LRM
Schéma du modèle IFLA LRM, © Transition bibliographique

 

Aux origines du modèle IFLA LRM

Le modèle de référence pour les bibliothèques IFLA LRM consolide les trois modèles précédemment développés par l’IFLA :

  • FRBR (Fonctionnalités requises des notices bibliographiques) pour les données bibliographiques (1998) ;
  • FRAD (Fonctionnalités requises des données d’autorité) pour les données d’autorité (2009) ;
  • FRSAD (Fonctionnalités requises des données d’autorité matière) pour les données d’autorité matière (2011 et 1re traduction en français en 2012).

En 2010, l’IFLA a entrepris d’intégrer FRBR, FRAD et FRSAD en un seul modèle afin de résoudre leurs incohérences, du fait de leur développement séparé. Cette révision aboutit, en 2017, au modèle IFLA LRM, modèle de haut niveau. Conçu pour promouvoir l’utilisation des données bibliographiques, il peut être utilisé dans le web des données. Il constitue le socle sous-jacent pour le développement du code RDA (Ressources : description et accès) plus adapté au monde numérique et aux structures des systèmes de métadonnées.

Ce modèle facilite les évolutions et permet de traiter les agrégats (ressources regroupant plusieurs œuvres), contrairement à ceux qu’il remplace. Un certain nombre d’attributs sont transformés en relation entre entités, favorisant une plus grande souplesse dans l’utilisation du modèle.

Depuis 2018, le groupe de révision BCM (Modèles Conceptuels Bibliographiques) travaille sur d’autres modèles conceptuels développés dans le cadre de l’IFLA.

 

Date de la dernière modification: 14 septembre 2021