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RDA à l’international

RDA (Ressources : Description et Accès) est appliqué depuis avril 2013 dans les pays anglophones qui sont à l’origine de ce nouveau code de catalogage. En Europe, la mutation se met peu à peu en place.

La mise en œuvre de RDA dans les pays anglophones

En octobre 2007, la British Library, Bibliothèque et Archives Canada, la Bibliothèque du Congrès ainsi que la Bibliothèque nationale d’Australie se sont mises d’accord pour promouvoir RDA en coordonnant leurs outils de formation et leurs plans de mise en application.

Fin 2010, les premiers tests ont été organisés par les trois bibliothèques nationales américaines (Bibliothèque du Congrès, Bibliothèque nationale d’agriculture et Bibliothèque nationale de médecine). À l’issue de ces tests, la décision a été prise d’appliquer RDA aux États-Unis à partir de 2013 et de profiter de la période intermédiaire pour revoir la rédaction du code et le rendre plus lisible, et pour préparer la transition du format MARC 21 vers un format plus adapté aux technologies du web.

D’autres pays anglophones (Australie, Canada, Royame-Uni) se sont alignés sur le calendrier des États-Unis et ont également appliqué RDA depuis 2013. Un an après l’implémentation de RDA, ces pays ont dressé un premier bilan pour envisager des perspectives pour l’avenir. Le Royaume-Uni a consacré une journée d’étude en juin 2014 sur les expérimentations mises en place, que ce soit dans le contexte institutionnel de la British Library, des bibliothèques universitaires, des centres de recherche spécialisés, ou encore des systèmes informatiques. Il a été confirmé que la réussite de la transition vers RDA repose en grande partie sur la qualité de l’accompagnement au changement.

Progressivement depuis la réforme de la gouvernance de RDA en 2015, les institutions ne sont plus directement membres du RSC (RDA Steering Committee / Comité de Pilotage de RDA) mais rejoignent une instance régionale qui les représente. Ces pays anglophones sont donc représentés soit par Nardac (North American RDA Community), par Ordac (Oceania RDA Committee) ou par Eurig.

La mise en œuvre de RDA dans les pays européens

Eurig : un groupe d’intérêt commun européen

Les pays européens s’intéressent également à RDA et, en 2011, ils ont créé Eurig (European RDA Interest Group / Groupe d’intérêt européen pour RDA) dans le but de constituer un espace d’échange autour de l’adoption de RDA comme code national de catalogage. Depuis 2016, Eurig représente l’Europe dans le RSC. En 2018, Eurig compte 44 membres dont les deux agences bibliographiques françaises (la BnF et l’Abes).

Les objectifs d’Eurig sont les suivants :

  • promouvoir les intérêts professionnels communs des utilisateurs de RDA en Europe ;
  • être un lieu d’échange entre pays européens sur l’opportunité d’adopter RDA et les modalités de la mise en œuvre de RDA dans les différents pays ;
  • coordonner les propositions d’évolution de RDA pour répondre aux besoins des utilisateurs européens ;
  • permettre une coopération en matière de traduction de RDA dans les différentes langues européennes.

À l’occasion de la réunion annuelle 2018 d’Eurig, le programme de travail pour l’année à venir a été précisé : une forte implication dans la nouvelle version de RDA et une coopération renforcée au niveau européen. Pour mieux assumer son rôle, Eurig a mis en place une organisation plus formelle de ses travaux. D’un côté, le comité exécutif inclut les deux représentants d’Eurig au RSC et au RDA Board. De l’autre, le comité éditorial aide le représentant d’Eurig au RSC à préparer les propositions d’évolution de RDA, à formaliser les réponses d’Eurig sur ces propositions et à les suivre après décision du RSC. Ce comité est présidé par le représentant d’Eurig au RSC et est composé de sept représentants d’institutions européennes ayant déjà implémenté RDA. Le groupe Normalisation « RDA en France » collabore étroitement avec ces comités pour faire entendre la position française.

Les pays germaniques

L’Allemagne, l’Autriche et la Suisse alémanique ont décidé d’adopter RDA en 2012. Le passage effectif au nouveau code s’est échelonné au cours de l’année 2015. Le Luxembourg a décidé de se calquer sur le profil d’application germanique de RDA (D-A-CH pour Allemagne-Autriche-Suisse), mais dans une traduction française qui corresponde à la langue de catalogage du pays. Cette traduction a été mise en ligne sur RDA Toolkit en 2016.

Le réseau RERO en Suisse romande envisage de rejoindre le choix déjà effectué par les bibliothèques de Suisse alémanique. Le principal obstacle n’est pas tant le code RDA lui-même que les questions linguistiques et l’indexation matière selon la liste d’autorité matière de la Deutsche Nationalbibliothek. La production de notices selon RDA ne devrait pas intervenir avant 2020.

L’Europe du Nord et de l’Est

Les pays d’Europe du Nord et de l’Est sont nombreux à adopter RDA tel quel, sans attendre d’éventuelles évolutions : les Pays-Bas depuis 2014, la République tchèque depuis 2015, l’Islande depuis 2016, la Slovaquie et la Suède depuis 2017, le Danemark depuis 2018. La Lettonie a engagé en 2016 une adoption progressive du code en commençant par les fichiers d’autorité et les ressources électroniques.

La traduction du code apparaît comme une problématique principale pour ces pays, car elle représente un fort investissement pour une communauté linguistique réduite au périmètre national. La Finlande est le premier pays à avoir procédé à une traduction complète du code et à la rédaction d’un profil d’application finlandais de RDA, tous deux disponibles sur RDA Toolkit depuis 2016. La Norvège s’est engagée dans la traduction complète de RDA, terminée en 2017, avant de prendre une décision sur son adoption.

La plupart des pays ont préféré porter leurs efforts sur la rédaction d’outils pédagogiques plutôt que sur la traduction du code lui-même : la République tchèque travaille sur la version anglaise de RDA agrémentée de manuels en tchèque. D’autres pays, comme l’Islande, n’en ont fait qu’une traduction partielle.

L’Espagne

En novembre 2016, la Bibliothèque nationale d’Espagne (BNE) a annoncé sa décision d’adopter RDA pour le catalogage de ses fonds. Cette décision intervient après deux années consacrées à approfondir l’analyse du code pour tous les types de fonds qu’elle possède et à travailler à un profil d’application, en coordination avec des représentants d’autres bibliothèques et réseaux de bibliothèques en Espagne.

La bibliothèque prévoit de commencer à créer des notices bibliographiques et d’autorité conformes à RDA à partir de janvier 2019. La période intermédiaire est consacrée à la formation du personnel.

Les pays européens indécis

La Pologne, la Croatie, la Norvège et la Turquie font partie des pays qui n’ont pas encore officiellement pris position par rapport à l’adoption de RDA.

L’Italie n’a pas annoncé de position officielle même si une traduction complète du code en italien a été réalisée à l’initiative d’universitaires. Elle est disponible depuis 2016 sur RDA Toolkit mais sans profil d’application associé.

Ailleurs dans le monde

Israël suit traditionnellement les normes américaines, à l’exception du catalogage des ressources en hébreu, arabe ou cyrillique. Chaque changement dans les règles américaines a conduit à la nécessité d’ajuster les normes de catalogage israéliennes en conséquence. Il était donc naturel d’adopter RDA ce qui a été fait en 2014. Par ailleurs, Israël a rejoint Eurig plus proche géographiquement que le Nardac.

Dans les pays arabes, la plate-forme de catalogage collaborative Catalogue Arabe Uni a adopté les nouvelles règles de RDA depuis 2013, suivie par 4 des 22 bibliothèques nationales.

L’Amérique latine manifeste un intérêt pour RDA mais l’implémentation est dispersée entre des bibliothèques universitaires et de recherche sauf au Chili où la démarche est plus coordonnée. Ces pays n’ont pas encore de représentation au RSC.

La Bibliothèque nationale de Chine a choisi de réaliser une traduction de RDA (terminée en 2014 et disponible sous forme imprimée), afin de mieux appréhender ce nouveau code et permettre une évaluation collective avec les bibliothèques chinoises. Aucune décision n’a encore été prise quant à son adoption.

 

Last updated: juillet 5, 2018 at 15:25

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