L’article ci-dessous est le compte-rendu d’un « atelier » de présentation de la solution Decalog SIGB à l’occasion de la journée professionnelle du groupe Systèmes & Données, « Quels usages innovants des métadonnées des bibliothèques ? », le 09 novembre 2016 à la BnF.

Ce compte-rendu a été réalisé à partir des informations publiques recueillies tout au long de la journée professionnelle, par des membres du groupe S&D.

Complémentaire de la présentation officielle de la solution Decalog SIGB, il reflète les recommandations et les questionnements de professionnels des bibliothèques engagés dans la Transition bibliographique.

Si malgré toute l’attention apportée à l’écriture de ce billet, certaines informations étaient erronées, vous pouvez nous le signaler en nous contactant via ce formulaire.

 

Présentation

Lors de la présentation en séance plénière, trois sujets ont été abordés : le choix sur l’implémentation FRBR, la cohabitation entre les documents physiques et numériques et les travaux en cours.

La plateforme, rapidement vue à travers quelques slides et dont 750 bibliothèques sont équipées, a été montrée plus en détail lors de l’atelier.

Le logiciel est en mode SaaS, mais la transition n’est pas complètement terminée. La mise à jour (environ 4 par an) est instantanée pour tous les clients, ce qui permet une évolution dynamique, mais jamais sans accompagnement.

Concernant la gestion des besoins spécifiques, ils sont assez limités pour le logiciel. S’il y a consensus et un intérêt commun (ou partagé par un grand nombre de clients), il peut être développé. Pour le portail/opac, il y a plus de souplesse.

Les développements spécifiques entraîneraient une gestion plus complexes des mises à jour : il faudrait plus ou moins les reprendre à chaque évolution de version  pour qu’elles suivent, ce qui occasionnerait des coûts supplémentaires en temps de développement pour la structure demandeuse.

 

Implémentation FRBR

La réflexion sur un nouveau SIGB remonte à 2009.

Pour Decalog, l’usager doit être présent dans la démarche : penser en terme de service, avec pour but que l’usager trouve. Le modèle FRBR (pour la présentation de l’information) et la norme RDA sont le moyen d’y parvenir. Leur ligne de conduite a été de simplifier la recherche pour l’usager et pour le professionnel d’être pragmatique en limitant les bouleversements.

 

Choix

La plateforme est sortie en 2011, soit avant la publication de la norme RDA. Ils ont donc anticipé certains choix, ce qui a pu ou peut créer à l’avenir des difficultés :

  • l’œuvre est une entité centrale, regroupant expression et manifestation (pour limiter le nombre de niveaux). Elle est obligatoire pour les bibliothèques ayant décidé de FRBRiser leur catalogue. L’outil de recherche gère la présence ou l’absence de l’œuvre.
  • l’œuvre est portée par une notice bibliographique (et non pas une notice autorité), le lien sujet est en zone 604/605 dans la notice Unimarc et la réalisation en zone 500. A cette question, aucune réponse définitive n’a été apportée : c’est le choix qui leur semblait logique pendant le développement de leur outil et donc avant d’autres expériences. Par contre ce choix implique une absence de contrôle sur les accès œuvres (contrairement à un fonctionnement basé sur des liens à des notices autorités). La différence entre les modes de recherche autorité et bibliographiques est gérée par des modèles de conversion.
  • les relations ont été simplifiées pour garder les plus significatives (dont la relation “lié à”).

Lors de leur développement, ils ont essayé de garder l’esprit FRBR (et pas forcément les détails).

Interface de recherche FRBR de Decalog
Interface de recherche FRBR de Decalog

 

Format

Le modèle de données utilisé a été développé en interne : ce n’est pas complètement du FRBR, le langage porteur n’est pas vraiment de l’Unimarc. Une conversion complète est disponible, notamment pour tout ce qui concerne les échanges import/export de notices.

Lorsqu’il y avait un choix à faire entre les consignes de l’Unimarc et du FRBR, notamment si les consignes étaient floues ou incompatibles, ils ont toujours privilégié le modèle FRBR.

Le format s’appuie sur le modèle BIBFRAME qui, selon le directeur commercial, priorise la relation entre les données plutôt que la donnée. Il peut typer les accès (typer une marque par exemple). Il s’adapte aux formats et est évolutif (la plateforme en mode SAS). Par contre, les développements spécifiques sont limités (sauf pour les fonctionnalités liées au portail).

 

Sources

Ils intègrent différentes sources de données typiques des bibliothèques (fournisseurs de notices), via notamment une plateforme Z39.50 avec un profil de conversion. Certains enrichissements sont gérés en interne notamment par l’ISBN (la couverture est issue d’une recherche d’une image libre de droit).

Parmi les sources de données, on retiendra notamment Allociné, PNB ou Musicbrain. Pour MusicBrain, une partie des données autorités concernant les artistes musicaux sont importées, notamment les groupes de musiques, ce qui permet d’avoir dans le catalogue les liens entre les différents artistes et le groupe lui-même.

L’outil intègre Ebsco discovery services, peut aussi moissonner du Dublin Core, des connecteurs ont été développés pour l’EAD. La VOD est possible via le système d’indexation Decalog connect, par contre, s’agissant de source externe, les données ne sont pas au même niveau que dans le catalogue. Le modèle développé cherche à prendre l’avantage de chaque silo.

Par contre deux modes de recherche cohabitent : un pour les données présentes dans le SIGB et un pour ces données externes (moissonnées en direct), ce qui a pour conséquence une absence de facettes pour les données externes (la fonctionnalité de stockage de ces données externes existe, voir l’exemple de Rennes).

 

Comment FRBRiser un catalogue ?

La méthode utilisée par Decalog ne fait pas, ou peu, appel à des traitements automatiques, ils préfèrent l’éviter afin de limiter les erreurs sur les alignements. Ils utilisent surtout les différents identifiants présents dans la notice (ISBN, ISSN, FRBnF, mais ne gèrent pas l’ISNI) ainsi que les liens entre différentes notices (zone 604, 605, 500).

N’utilisant pas de traitement automatique, Decalog a plusieurs fois indiqué être en attente d’un répertoire fiable où puiser les données et les notices œuvres.

En fait plus que le logiciel, c’est le bibliothécaire qui crée la donnée et qui, de ce fait, offre la possibilité de FRBRiser un catalogue, d’autant plus que le point fort des bibliothèques est de n’avoir presque exclusivement que des données typées à l’exception des données d’exemplaire.

 

Fonctionnalités

Et les bibliothécaires dans tout cela ? Comment cela se passe-t-il en catalogage courant ?

La médiation de la connaissance concernant l’outil se fait à partir de la base : tout le monde est formé, le personnel de la bibliothèque est présent. La raison première est que 75 % du fonds est en général recouvert par les notices BnF, le reste doit être traité à la main par le personnel (tout n’est pas du ressort du fournisseur/prestataire).

La grille de catalogage est rigide, avec des masques de saisie en langage naturel, mais ils ont mené la réflexion pour notamment simplifier certains éléments (ce qui est redondant est géré par le SIGB). Elles ont également été adaptées avec le temps : au début, l’œuvre figurait en premier, mais comme cela ne correspondait pas à la pratique, ils l’ont redescendu dans la grille. En saisie, dans la plateforme, il y a un pavé expression et un pavé manifestation mais il n’en sortira pas deux notices séparées.

Lors du catalogage, si l’œuvre existe, la procédure est plus ou moins automatique par auto complétion. Sinon, il faut créer l’œuvre et la rattacher à la notice en cours, voire éventuellement à d’autres notices sur le principe du « cata-liage ». L’idée est aussi de faire avec les données que l’on a déjà, avant de chercher ailleurs : il y a déjà du potentiel dans le logiciel local.

 

Ressources numériques

Le format FRBR est aussi fait pour décrire les ressources numériques. En 2009, au début de la conception du produit, les ressources numériques étaient peu présentes, mais elles ont depuis explosé.

Les formats des données des ressources numériques sont hétérogènes, entraînant une différence entre le document physique et numérique. Avec le format FRBR, ils ont essayé de traiter les documents de façon identique, en apportant le même niveau d’information (documentaire pour l’usager ou pour le traitement des collections). Parallèlement, l’accès aux ressources numériques est intégré dans le SIGB et le catalogue public : on rapproche ainsi l’exemplaire numérique de l’exemplaire physique.

Concernant PNB (Prêt numérique en bibliothèque), leur choix a été d’intégrer directement les données au SIGB, sans proposer de portail annexe : cela est conforme pour eux au modèle FRBR car permettant de lier support physique et numérique et ainsi de proposer le même niveau de données quelle que soit l’origine et le support du document. Le catalogue reste homogène, même si le format importé est en XML (Onix pour PNB). Cela nécessite quand même une intervention du bibliothécaire pour retravailler les données.

 

Et les périodiques ?

Comme souvent, les périodiques sont le parent pauvre. L’outil ne gère pas vraiment les fonds de conservation. Il est plus axé sur la lecture publique avec des rétentions plus faibles. Le module proposé semble convenir à leurs clients, mais le développement n’est pas impossible : il leur faut pour cela un client qui souhaiterait travailler avec sur le sujet. A bon entendeur…

 

Travaux en cours

Decalog travaille en ce moment sur une nouvelle interface de recherche pour mettre en exergue le modèle FRBR et les relations entre les entités, avec notamment une modélisation en 3D des résultats.

Ils travaillent également au développement d’application pour les portables.

Ils font également partie des quatre sociétés retenues pour le projet SGBM, ce qui laisse envisager des gros travaux en perspective. La conception en intégrera les nouveaux modèles.

 

Exemples de réalisation

Leur mot de la fin : le modèle FRBR est intéressant quand il y a de la matière à lier. Quand on est dans un rapport 1 pour 1, il n’est plus aussi sûr que ce soit pertinent, l’idée étant de créer des constellations importantes.

 

Pour le Groupe Systèmes & Données : Christelle GIANOLIO et Sylvie LEMAIRE

Date de la dernière modification: 13 mai 2020